Index

Frappat (Bruno)

Directeur de la publication, La Croix


Vous consacrez votre article « Universelle incertitude » (La Croix, 17-18 septembre) à l'incendie par des Palestiniens de synagogues laissées totalement vides de tout élément religieux par les colons après leur départ de la Bande de Gaza. Vous vous demandez : « Pourquoi fallait-il que l'une des premières manifestations de la joie palestinienne s'attachât aux synagogues ? » et la seule explication de cet événement que vous mentionnez est celle d'un « réflexe destructeur de haine », d'une « bouffée de fanatisme ». Vous vous indignez de cette « fumée noire de haine dans l'Orient » et vous rappelez qu'en Algérie, toutes les églises n'ont pas été brûlées après le départ de la France. Votre attitude révèle une ignorance des deux principales caractéristiques du colonialisme israélien, qui le différencient radicalement de ce que fut en général le colonialisme français.
Yves Lemarié - publié le 18 septembre 2005


Dans votre article « La France avec Sharon » (La Croix, 29 juillet), vous affirmez : « Si, aujourd'hui, les liens de la France et d'Israël peuvent se renouer sur des bases saines, on le doit d'abord au nouveau cours de la politique de Sharon ». Afin de déterminer si, effectivement, les relations entre ces deux Etats peuvent, comme vous l'affirmez, « aujourd'hui […] se renouer sur des bases saines », je m'intéresserai à votre analyse du conflit israélo-palestinien, j'indiquerai en quoi consiste la politique actuelle d'Ariel Sharon et j'examinerai votre conception de la relation entre la France et l'Etat d'Israël.
Yves Lemarié - publié le 11 août 2005


A lire vos éditoriaux, j'ai l'impression, depuis un certain temps, que vous êtes, soit mal informés de la situation en Palestine, soit d'un parti pris anti-palestinien qui est très douloureux à toutes celles et ceux qui, se donnant la peine d'aller régulièrement dans les Territoires Occupés, savent que la guerre qui s'y déroule a pour causes premières l'occupation de ces territoires, l'extension inexorable des colonies, la dépossession des Palestiniens de tous leurs moyens de vie, les vexations et humiliations quotidiennes qu'ils doivent subir aux checks-points, les lois discriminatoires, les assassinats ciblés, les tirs des snipers israéliens sur les enfants, et le Mur, les incursions militaires brutales et traumatisantes dans l'intimité des foyers, les emprisonnements préventifs, l'extrême dureté des régimes carcéraux, la pénurie alimentaire de plus en plus grave, etc, etc . Rien d'étonnant à ce que, se sentant abandonnés du reste du monde, il se trouve parmi les Palestiniens des gens plus désespérés ou plus traumatisés qui recourent aux attentats-suicides, et qui pensent - à tort- "être utiles à leur pays au moins par leur mort " (C'est l'expression que j'ai entendu de la bouche d'une étudiante chrétienne de Bir Zeit pour expliquer l'attentat suicide commis par une se ses camarades musulmane au début de 2002)
Aurélie Després - publié le 12 septembre 2004